Revue d’Histoire du pays Bressuirais N°63

Sommaire du numéro 63 de la Revue d’Histoire du pays Bressuirais

L’exposition Bressuire, cité de la viande, organisée par le service des archives municipales et illustrée les articles de la précédente revue N°62 ont parfaitement montré le lien très fort qui existait entre la ville et son bocage. Jusqu’à une époque très récente d’ailleurs, Bressuire est restée cette petite ville rurale que le bocage alentour alimentait chaque semaine, notamment lors des foires et marchés. C’est ce passé qu’illustrent les deux premiers articles de cette revue.

Les halles de Bressuire : Roger Grassin nous restitue ainsi le lieu névralgique de la vie économique locale que sont les halles, dont l’aspect pérégrin à Bressuire ne manque pas de surprendre. D’abord, simples baraquements après la tempête révolutionnaire, sur la place Notre-Dame, elles migrent bientôt devant l’Hôtel de Ville flambant neuf, recouvertes d’une charpente métallique à verrières avant de rejoindre il y a quarante ans leur emplacement actuel, place Dupin, dans un vaste bâtiment tout de pierres et de béton.

Une fête agricole à Bressuire, 10 septembre 1854 :ce jour-là, une grande fête agricole se tenait sur les actuelles places de la Libération et Jules Ferry, qu’une lithographie nous restitue dans tout son lustre. Jacques Ethioux a voulu en savoir davantage, d’abord sur l’artiste O. Triau, resté inconnu jusqu’à ce jour, puis sur l’œuvre elle-même. Que montre-t-elle de Bressuire au milieu du XIXe siècle ? Enfin, cette lithographie illustre-t-elle fidèlement la description qu’en fait A. Monnet pour la Société d’agriculture des Deux-Sèvres ?

Notre-Dame de boulogne à Bressuire, 23-24 avril 1944 : Geneviève Garsuault nous amène à découvrir un point d’histoire tout à fait étonnant. En pleine période d’occupation, dans un climat de tension sans cesse exacerbé, plusieurs statues de Notre Dame de Boulogne vont faire le tour de la France, suscitant des processions gigantesques au cours desquelles la ferveur religieuse put montrer toute son expressivité. Geneviève Garsuault nous restitue ainsi dans une perspective globale l’arrivée de Notre Dame de Boulogne à Bressuire, en avril 1944.

Les Guerres de Vendée ne cessent de susciter, encore aujourd’hui, recherches et réflexions. Mais il semble bien, comme le montrent les deux derniers articles, que c’est à la marge du territoire insurgé, dans sa périphérie instable et floue, que se trouvent les chantiers les plus prometteurs auxquels se confrontent les historiens.

Aux portes de la Vendée insurgée. Une frontière en 1793-1794 entre Bressuire et Parthenay : Il en va ainsi des trois camps, blancs et bleu, analysés par Pascal Hérault. Aménagés dans des circonstances diverses, de grandeurs différentes, ils sont les témoins avec des traces encore visibles de nos jours pour ce qui concerne le camp républicain de Chiché – des enjeux stratégiques qui ont prévalu dans la défense et/ou la conquête de ce « no man’s land » qui ceinturait la Vendée insurgée.

Pour une "critique historique de l’émergence". les Guerres de Vendée en-deçà des récupérations et des dénégations : le "cas Bressuire" : Ce que nous propose Jean-Marie Grassin, professeur émérite de l’Université de Limoges, c’est rien moins qu’une entreprise de déconstruction « des motivations idéologiques qui ont animé la représentation du syndrome vendéen ». A cette fin, il nous convie à une approche différente, et notamment à revenir à l’instant originel, au « point d’émergence » de la Vendée qu’il situe à Bressuire, en août 1792, au moment de la bataille des moulins de Cornet, première véritable confrontation armée entre ceux que l’historiographie a qualifiés – imprudemment peut-être ? de « Bleus » et de « Blancs , matrice de tout ce qui suivra, entre 1793 et 1796.