Revue d’Histoire du Pays Bressuirais N°71

BULLETIN N°71 – 2014

Il n’a échappé à personne que l’année 2014 marque le centenaire du début de la Première Guerre mondiale. Histoire et Patrimoine du Bressuirais se devait d’apporter sa pierre à l’édifice des commémorations nombreuses qui jalonnent cette année.1ère de couv N°71

Dans la perspective de ce grand rendez-vous mémoriel, HPB a souhaité proposer à ses lecteurs un numéro spécial de sa Revue d’Histoire du Pays Bressuirais consacré à l’année 1914 à Bressuire ainsi qu’à Friedberg, ville jumelle de Bavière.

Comment deux petites villes, française et allemande, ont vécu les derniers moments de paix puis sont entrées dans la guerre à la fin de l’été et au début de l’automne 1914 ?

« Bressuire – 1914. Une petite ville de province » . Peuplée d’à peine 5 000 habitants, fortement marquée dans son paysage et sa composition sociale par la présence du rail, Bressuire semble bien loin des préoccupations qui agitent les chancelleries européennes à partir du 28 juin 1914, date de l’attentat de Sarajevo. Son maire, René Héry, en butte à une hostilité de l’administration préfectorale, est en campagne électorale dans le cadre d’une législative partielle difficile pour le camp républicain. Sa défaite puis sa révocation de son poste de maire alors que la guerre a commencé depuis quelques semaines alourdissent le climat politique local.

« La mobilisation à Bressuire, août-septembre 1914. » Comme partout en France, Bressuire entre en guerre en relayant l’ordre de mobilisation générale du dimanche 2 août. Marylise Hirtz et Guy Charenton ont dépouillé les archives municipales et départementales pour comprendre la façon dont notre cité a vécu les premiers jours et premiers mois du conflit. Les jeunes hommes doivent rejoindre leur caserne avant de partir pour le front. Mobilisant toutes ses ressources, Bressuire va désormais vivre au rythme des réquisitions et se préparer à recevoir les premiers blessés dans les hôpitaux auxiliaires.

« Friedberg (Bavière) en 1914 » . Friedberg, petite ville allemande de Bavière de près de 3 000 habitants nous est présentée avec beaucoup de précision par Regine Nägele, présidente du Heimatverein. S’appuyant notamment sur le journal local « Friedberger Gemeindebote » et sur les archives municipales, elle brosse un tableau vivant de sa ville en cette année 1914. Ville dynamique avec ses nombreux commerces, ses festivités importantes, elle n’en connaît pas moins une « situation économique déprimée » marquée par une hausse du chômage. Et si le journal local informe ses lecteurs de l’attentat de Sarajevo, rien ne laisse penser à la guerre. Pourtant, le 3 août, l’armée bavaroise se trouve mobilisée et les soldats partent bientôt pour le front Ouest. Tout comme à Bressuire, Friedberg s’organise, mais la guerre entraîne la ruée vers les magasins d’alimentation et la hausse des prix. La fin de l’année apporte aussi à Friedberg son triste lot de morts et de blessés, rappelant à tous la férocité des combats qui se livrent sur le front.

Sur les deux rives du Rhin, la censure et la propagande constituent deux armes largement utilisées. Dans son article,Jérôme Levitsky montre bien ce que donne à voir le discours officiel de l’Etat français à propos de l’ennemi Allemand, ce barbare. L’information, journaux et courriers, sont strictement contrôlés. De son côté, la propagande doit mobiliser les esprits pour la victoire, et les cartes postales envoyées ou reçues, « fil de vie de la Nation » constituent un support de choix dans cette guerre de l’information qui se joue alors. Toutefois, les thèmes cocardiers vont petit à petit laisser la place à celui de l’absent, soldat-père de famille, soldat amoureux… La guerre ne finit pas.